Naissance des Ordres

Terminologie employée dans le langage moderne pour désigner la forme suprême de la décoration - obéit à un certain nombre de principes qui continuent à les sous-tendre tout au long de leur existence.

La réalité, plus forte encore, la conjoncture, mais également les événements et notamment les événements exceptionnellement violents, ne manquent pas d’infléchir les principes et partant, la physionomie des Ordres créés.

La guerre de 1914-1918, avec ses immenses sacrifices, ses innombrables actes de courage, avait justifié l’attribution d’un nombre important de décorations de Légion d’honneur. De même, les séquelles de ces hostilités, les commémorations périodiques des différentes batailles avaient entraîné de nombreuses nominations et promotions.

Peu de temps après, survenaient la guerre 1939-1945, la Résistance, la Déportation, puis la Guerre d’Indochine, celle de Corée, la guerre d'Algérie …

Aussi bien, la Légion d’honneur se trouvait-elle, au début de la période de paix qui allait suivre, en état d’inflation à un point tel que son prestige n’allait pas manquer d’en souffrir si des mesures n’étaient prises. Il est donc nécessaire, à un moment donné, lorsque se sont éloignés les événements exceptionnels : guerres, opérations extérieures, etc. de revenir au sens profond et de prendre les mesures nécessaires à la SAUVEGARDE DES PRINCIPES de ces Ordres.

C’est pour cette raison que le général De Gaulle a procédé à la réforme. L’administration de la Grande Chancellerie fut réorganisée, les textes épars furent codifiés, la Légion d’honneur fut « repensée » et un nouveau Code publié en 1962.

Les critères de sélection étaient renforcés dans les textes et le Conseil de l’Ordre, servi par une administration qui avait retrouvé le sens de sa mission, veillait à l’application du Code, sous l’autorité du Grand Chancelier et du Grand Maître.

Les contingents eux-mêmes - c’est-à-dire le nombre maximum de décorations à attribuer et non point le nombre minimum de décorations à distribuer - étaient réduits de manière à atteindre à la fin du siècle les chiffres d’effectifs prédéterminés dans le Code lui-même.

Mais fallait-il, cette réforme achevée, laisser sans récompense, quantité de services, de mérites, de dévouements, manifestés dans une société moderne où l’État fait de plus en plus appel aux citoyens, à leur solidarité, à leurs efforts vers l’intérêt général dans tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle, comme dans les activités militaires susceptibles de permettre, le cas échéant, la défense du Pays ?

Bien évidemment, non..